Chevaline, saisie de cocaïne, violences nantaises

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Police - gendarmerie : la hache de guerre est déterrée !

Qui a fauté à Nantes ? "Les pandores !" répondent les flics en chœur. Question : est-il vrai que les gendarmes avaient des informations sur ce qui allait se passer en queue de manif et qu'ils n'ont rien transmis ? Réponse de certains intéressés sur place : "Faux ! Nos notes de renseignements ont suivi la voie hiérarchique". Il faut dire que celle-ci semble assez tortueuse... La direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) a même créé une SDAO (sous direction de l'anticipation opérationnelle... Ça ne s'invente pas !). Dans un département la cellule "renseignements" de la GN prévient le chef de groupement qui fait suivre au Préfet et à la DGGN. À Paris, celle-ci est chargée de rendre compte au ministre de l'Intérieur. "Rien de cela n'a eu lieu pour la manif de Nantes" exulte un poulet proche de la place Beauvau, en ajoutant "de toutes les façons, leurs infos sont bidons. C'est du bouche-à-oreille alors que nous, nous avons des informateurs. Mais comme on ne nous donne plus les moyens de bosser, on est débordés". Pour ce policier, si les gendarmes ont gardé leurs informations pour eux, c'était afin de pouvoir se mettre en valeur sur le terrain du maintien de l'ordre, quand la manif' allait dégénérer. Et un autre flic de la PJ d'ajouter : "Ils ne font que du vent. Vous savez, la gendarmerie ? C'est ce fameux service qui a ameuté deux ou trois journalistes amis, en leur mettant bien la pression sur la personnalité du témoin qui allait être interpellé dans le cadre de l'affaire de Chevaline, pour finir, après tout ce vent, par un fiasco total..." Pas faux, sauf que pas mal de gendarmes eux-mêmes se sont sentis trahis quand ils ont vu paraître des éléments de l'enquête. "Non seulement on a été balancés par - au moins - un des nôtres. Mais aussi par un reporter en qui on avait confiance..." Du coup, ce lieutenant-colonel en profite pour tenter de reprendre la main. "Et la maison d'en face, elle n'en fait pas de l'esbroufe ? Les 1400 kilos de cocaïne du Havre. Saisis après une longue et minutieuse enquête disait leur communiqué. Tu parles. Ce sont leurs collègues Bulgares qui leur ont donné tous les éléments. Ils n'ont plus eu qu'à se baisser..." Sale ambiance alors qu'une réforme du renseignement de proximité est en route (il serait temps !) et que flics et pandores devraient travailler ensemble. Sans compter la Corse et la région Antilles-Guyane où police et gendarmerie devaient être réunies sous un seul emblème : celle de la lutte contre le crime organisé. Et dans l'Île de Beauté, c'est pas gagné !