Pas assez photogénique, le commissariat de Courbevoie ?

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Rendons à César ce qui lui appartient

Bien sûr que la police judiciaire parisienne, tous services confondus, mérite-t-elle d'être félicitée pour l'extraordinaire quantité de travail fourni depuis le début de l'affaire du "tireur parisien". De la prestigieuse brigade criminelle du 36 Quai des Orfèvres, à la plus modeste des divisions de police judiciaire (DPJ), du service de l'identité judiciaire au laboratoire de police scientifique, jusqu'à la brigade de recherche et d'intervention (BRI) qui est venu cueillir Abdelhakim Dekhar dans son parking, tous méritent les félicitations des ministres de l'Intérieur et de la Justice, et celles du Procureur de la République. Mais, en plus de mêler à ceux-ci les "autres services de police et de gendarmerie" pour eux aussi les lier aux félicitations, pourquoi ne pas admettre que deux des moments les plus cruciaux de cette affaire ont été gérés de main de maître par des hommes de la sécurité publique. D'abord, quand l'automobiliste pris une vingtaine de minutes en otage par le fugitif a téléphoné au commissariat de Puteaux (92). "Il appelait d'un numéro masqué et ne voulait même pas donner son nom, raconte un policier local. Il a fallu toute la diplomatie, la douceur, la gentillesse d'un collègue pour réussir à lui faire décliner son identité, son numéro d'appel et son adresse. Ce sont ensuite nos collègues du commissariat de la Défense qui l'ont pris en charge, avant l'arrivée de la crim'". Et hier vers 18h, c'est encore un gardien de la paix, celui de l'accueil du commissariat de Courbevoie (92), qui reçoit l'ex-logeur de Dekhar qui vient le dénoncer. Et il est écouté ! Et l'officier de police judiciaire de permanence va aussi l'écouter et le croire. Et la commissaire de Courbevoie fera le reste, en informant sa hiérarchie. Ce sont eux qui ont appris - et transmis- que Dekhar était installé dans la voiture d'un proche de son ancien logeur, qui lui avait proposé cette solution "pour ne pas le laisser complètement à la rue". C'est à eux que cet homme a confié qu'en emmenant Dekhar jusqu'au parking des Églantines, ce dernier lui avait confié, en évoquant la fusillade de libération, "avoir fait une grosse connerie". À partir de là, le point de presse de Manuel Valls au Quai des Orfèvres aurait pu aussi se tenir au commissariat de Courbevoie. Mais, c'est sûr, c'est moins "glamour"...