Chasse à l’homme à Paris

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Tireur en cavale identifié : comme si les médias allaient être prévenus !

Interpellé, pas interpellé ; identifié, pas identifié ; en cours d'identification ou pas... La presse se fait beaucoup d'illusions si elle s'attend à ce qu'on lui confirme que le tireur fou, qui a sévi à Libération, à La Défense jusqu'à l'avenue Georges V et, vraisemblablement, vendredi 15 novembre à l'accueil de BFM-TV, a été identifié. 
Comme d'habitude, les autorités compétentes en appellent au sens du civisme et des responsabilités des rédactions pour les aider en diffusant les images qui peuvent constituer une aide à l'enquête. Mais la presse sera prévenue, sauf fuite (et c'est aussi le travail d'un journaliste que de les recueillir), quand l'homme sera déjà entre les mains de la brigade criminelle.
Rien à redire, en soi, sur cette façon de faire. C'est de bonne guerre pourrait-on dire même si, parfois, on demande et l'on promet beaucoup aux médias, pour ne leur donner en fait que peu de choses... L'inconvénient c'est que, du coup, une fois l'identification réalisée, comme elle n'est pas dévoilée, la presse commence à dire que, malgré les moyens mis en œuvre, l'enquête et la police patinent. 
On sait depuis ce matin que les enquêteurs sont en possession d'un profil ADN du fugitif. Officiellement, faute d'avoir trouver une identité génétique à lui comparer dans le fichier national des empreintes génétiques (FNAEG), la justice dit ne pas savoir à qui elle à affaire. On a appris, dès lundi début d'après-midi (info CREDO 15h11) que le fuyard s'est présenté au moins deux fois comme un ex-taulard. Si tel est le cas, il faudrait une sacrée bavure pour que son profil ADN ne soit pas répertorié. Sans parler des traces papillaires (à tort appelées empreintes digitales qui ne le sont que lorsqu'une identité leur est associée) qui vont avec, ou qui peuvent avoir été prélevées en même temps sur les lieux de ses forfaits. Si toutes ces traces existent, l'homme est DÉJÀ identifié ! Sinon, il a menti. Et il s'agit d'un délinquant primaire. Là, la difficulté à mettre la main dessus saute de plusieurs crans. Surtout si ses cibles n'ont rien à voir avec son mobile, si sa seule motivation était de semer la terreur à Paris, voire dans le pays tout entier. On a déjà connu cela ailleurs. Parfois sans victime, parfois en en dénombrant beaucoup plus que lundi à Libération, même si une est déjà de trop.