Que veut Manuel Valls ?

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"Matignon !" raconte François Rebsamen

Les policiers et les gendarmes qui ont plutôt bien apprécié l'arrivée de Manuel Valls au ministère de l'Intérieur, même si tous "demandent encore à voir", finiront-ils par le regretter ? C'est ce que l'on peut se demander lorsque l'on recueille les confidences de quelques-uns de ceux à qui François Rebsamen (dont on avait parlé pour la place Beauvau avant qu'il se fasse battre au poteau par le maire d'Evry) a raconté dernièrement cet échange récent (selon lui) avec son "camarade" 1er flic de France. "Nous terminions, Manuel et moi un rendez-vous auquel j'avais emmené, entre autres, mon ami Patrice Bergougnoux (l'ancien directeur général de la Police nationale sous Jean-Pierre Chevènement NDR). Juste avant que nous nous disions au revoir, Manuel m'a pris par le bras et m'a dit : mais tu le seras ministre de l'Intérieur, tu le seras !.... Il suffit juste que je devienne Premier Ministre !" Certains des témoins qui racontent cet aparté de Rebsamen avec eux expliquent que celui-ci balançait, en racontant son anecdote, entre fou rire, expectative et doutes... D'autant qu'un syndicaliste policier, membre du PS, ajoute que, depuis quelque temps, un autre de ceux qui se voyaient à l'Intérieur, en l'occurrence Jean-Jacques Urvoas, conseiller à la sécurité du Parti Socialiste, après avoir lui aussi mangé son chapeau, a opéré un rapprochement stratégique avec Manuel Valls. Pour préparer la relève de ce dernier, un jour ou l'autre ? "À quoi joue Manuel Valls ?" titre ce matin notre confrère Le Parisien-Aujourd'hui en France. C'a dépend. Si l'on entend François Rebsamen, il ne joue pas du tout et s'imagine un destin bien plus large que celui de ministre de la sécurité. Si l'on suit son action, il joue à Sarkozy ministre de l'Intérieur : quand il saute dans un avion chaque fois qu'un fait divers déborde du cadre officiel ; quand il fait beaucoup de bruit sur les prochains recrutements de policiers et de gendarmes alors qu'ils étaient au programme du candidat Hollande ; quand il vante les zones de sécurité prioritaires sans avoir les moyens matériels de faire travailler les fonctionnaires et militaires qui y seront affectés... En gros, à chaque fois qu'il fait ce qu'il reprochait à l'ancien Président de la République de faire : de la com'.