Zones de sécurité prioritaires

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Avec quels moyens matériels ?

Le désert médiatique de l'été a transformé en exclusivité estivale l'un des points du programme du candidat Hollande (500 policiers et gendarmes nouveaux par an, à partir de 2013). Vint ensuite le débat sur l'instauration des zones de sécurité prioritaires (ZSP). Mais tout cela ne manquait-il pas de décryptage ? Car, lorsque ces ZPS sont mises en place ces jours-ci, pour certains départements, les 500 premiers policiers et gendarmes sont loin d'être là. Des hommes "nouveaux", des effectifs "en plus" s'entend. Dès lors, il y a tout à parier que le ministère de l'Intérieur soit obligé de "déshabiller Paul pour habiller Pierre". Vieille recette de la place Beauvau, Manuel Valls n'a rien inventé. Exemple, les 205 personnels annoncés pour renforcer ceux de Marseille. D'autant que le Premier Ministre lui-même a précisé que c'est avant tout la PJ qui devait être renforcée. "Allez trouver des volontaires ailleurs sur le territoire pour venir se mettre dans ce guêpier, commente un haut fonctionnaire. Autant il y en aura pour aller à Bordeaux ou à Toulouse, autant pour Marseille... Il va donc falloir prendre sur les flics de sécurité publique pour renforcer la police judiciaire. Avec tout ce que cela peut sous-entendre de déchets, car on n'est pas certain de ne trouver que des bons !" Mais bon, faisons comme plein d'autres, fermons les yeux sur cette affaire d'effectifs. Encore faudrait-il que tous ces policiers et gendarmes, à Marseille ou ailleurs aient les moyens matériels de remplir leurs missions. Quand on lit dans un blog de gendarmes que le "budget d'investissement de la GN, de cent cinquante millions d'euros, a fondu de 70% pour l'année 2012 (...) la gendarmerie ne peut plus payer l'essence pour ses véhicules depuis le 1er juillet 2012", on se demande de qui on se moque. "Économies drastiques, voitures à la casse non remplacées, factures de garagistes privés en attente, labos de police scientifique paralysés par l'afflux de dossiers sans que l'on puisse imaginer de nouveaux investissements”, il y a toutes les raisons de se faire du soucis. Certes, "Sarkozy ministre de l'Intérieur à bouffé des crédits pour longtemps et pour des résultats très aléatoires" commente un ancien membre du cabinet de ce dernier. Mais "le changement, c'est maintenant !", non ?