La gendarmerie fait n'importe quoi

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Et si la fillette avait été mourante ?

Oui, les gendarmes ont commis une faute ! N'en déplaise à Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur. Pas forcément ceux qui étaient sur place, autour de ce cercueil qu'était devenu le break, à l'intérieur duquel trois des membres de la famille anglaise avaient été tués. Pas forcément ceux qui ont pris l'enquête en main, dès les premiers instants de la découverte du drame. Quoique, au niveau de leur commandement, on peut se poser la question de savoir qui a décidé quoi, pour ce qui concerne l'intervention des TIC (techniciens d'identification criminelle). Non, c'est du côté des hauts responsables de la gendarmerie nationale (GN) et de son institut de recherches criminelles de Rosny-sous-Bois (IRCGN) qu'il faut chercher la faute. Qui parmi eux a pu décider un jour (quand, depuis quand, pourquoi ?) que, dans le cadre de faits criminels graves, seuls les "experts" de l'IRCGN pouvaient, devaient intervenir ? Depuis qu'il est de plus en plus élaboré, ce service de pointe a formé des centaines de TIC qui ont été disséminés à travers la France, au gré des services d'enquête de la gendarmerie afin, justement, de pouvoir intervenir rapidement, partout sur le territoire. Et, selon les régions, ses antennes d'identité judiciaire sont plus ou moins importantes, plus ou moins dotées en hommes et en matériel. À une heure de route de la scène de crime de La Chevaline, il en existe une très importante, celle de Lyon. Pourquoi ne pas l'avoir envoyé sur place, au moins pour effectuer les premières constatations ? Sans rentrer dans le jeu d'un syndicat d'officiers de police, qui a crié au scandale parce que l'identité judiciaire (IJ) de la police, dont le siège national est aussi à Lyon, n'a pas été sollicitée, on remarquera que, sous Sarkozy déjà, on nous avait annoncé la mutualisation des moyens techniques et scientifiques de la police et de la gendarmerie, pour cause d'économies. Et l'administration Valls a repris l'idée à son compte. Seulement voilà, l'IRCGN est le fleuron, la vitrine de la gendarmerie. Alors, il faut le vendre, le faire briller, le faire exister même si, parfois, certains de ses correspondants en province n'ont pas été à la hauteur. Mais les autres ? On les a formés et on les prendrait depuis pour des has been, puisqu'on les dessaisit avant même qu'ils aient été saisis ? Le GIGN (l'autre vedette de la GN), semble, lui, ne pas avoir ce genre de problème d'ego. Il multiplie les antennes régionales. Et si la fillette retrouvée huit heures après la fusillade avait été mourante ? Où en serait-on aujourd'hui ?

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