Carnets de campagne d'un ministre de l'Intérieur "sorti"

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Polprox non ! Élu de proximité, dur dur

Une chose est d’envoyer la police au feu, quand on est ministre de l’Intérieur, une autre est d’y aller soi-même pour gagner ses propres galons en politique. Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur, ancien secrétaire général de l’Élysée, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy place Beauvau, en fait l’amère expérience. Bombardé apprenti candidat au suffrage universel pour les législatives à Boulogne-Billancourt, la circonscription paraissait gagnée d’avance. C’était sans compter sur un UMP dissident. Mais ce n’est pas tant cela qui nous intéresse que quelques-unes des anecdotes autour de sa campagne. Lui qui a tant combattu la police de proximité, s’est aperçu que cette dernière n’était pas qu’un mot, même dans le domaine de la politique. Ainsi, durant le fort chabrol de Mohamed Mehra à Toulouse Claude Guéant ne cessait-il de tenir informé le maire de Boulogne Billancourt des péripéties du drame qui se nouait. Et l’élu, pas dupe depuis le parachutage de Guéant chez lui, de raconter en substance que ce dernier “cherchait sans doute à lui donner de l’importance car il avait besoin de lui”. En tout cas, les récits qu’il faisait des petits pas du candidat Guéant sur son secteur sont croquignolets. Ça va de Guéant à qui on a présenté le chef-placier du marché local, un “homme paraît-il incontournable”, mais dont l’ancien spécialiste de la lutte contre l’immigration découvre avec surprise que c’est un homme de couleur, à Guéant obligé de se taper du blanc (il voulait un café à 11 h !) au bistrot avec les forains, en passant par Guéant qui, quand M. le maire lui explique qu’il est de bon ton de remettre sa tournée, s’aperçoit qu’il n’a pas un rond dans ses poches… Et oui, c’est dur de “faire peuple” quand on a passé une bonne partie de sa vie sous les lambris de la République ! Mais c’est tout de même cela la “politique de proximité”, si l’on veut pouvoir se recaser à l’Assemblée Nationale… On n’insistera pas car, c’est bien connu, il ne faut pas désespérer Billancourt… Pour Boulogne, on ne sait pas…