Décédé le 31/12, Olivier Royant, directeur de l’hebdomadaire :

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du bois dont on fait Paris Match…

Dans les années 1980, grand reporter à RTL, afin de rester proche de la presse écrite dont je suis issu, j’assurais une pige à Paris Match. Elle durera quelque trois ans. À l’époque, le boss à Match, s’appelle Roger Thérond, surnommé l’ «œil», tant ses choix photo étaient incontournables.

Je n’ai jamais eu affaire directement à lui, j’étais en relation avec les responsables des reportages et des news. Tout comme je n’aurais jamais eu de contacts avec Alain Genestar qui prit plus tard les rênes du journal. Le premier rédacteur en chef directement responsable de la marche de Match, avec lequel je traiterais parfois directement se nomme Patrick Mahé. Nous nous étions connus alors qu’il était grand reporter à France Soir, et qu’il tâtait parfois des affaires que je suivais pour RTL. Mais le seul directeur de Match auquel j’ai eu de nombreuses fois directement accès aura été Olivier Royant … et le plus naturellement, du monde. Olivier faisait partie de ces journalistes qui aiment sentir le terrain à travers ceux qui le parcourent quotidiennement, avec un immense respect pour leur boulot. Je me souviens de lui, nuit de bouclage entre le lundi et le mardi à l’aube, venant se poser près de moi à la cantoche pour me dire un truc du genre «alors, qu’en penses-tu de cette affaire ?». Il évoquait le sujet que l’agence de presse CREDO (que j’avais créée en 1995) avait couvert pour son titre, qu’il avait retenu et qui était désormais «dans les tuyaux». Mais, je me rappelle aussi Olivier Royant me demandant la même chose au sujet d’une histoire en cours, que ses reporters comme les miens couvraient, chacun de leur côté. Il me faisait assez confiance, lors de ces échanges d’une simplicité toute humaine, pour me demander et m’écouter. Le respect, l’humilité, la curiosité, tels étaient les principales qualités d’Oliver Royant, outre son immense sens de l’info, de l’image. Du journalisme, tout simplement. Il est le héros du dernier numéro de Match, mais ce n’est pas lui qui à signer le BAT (bon à tirer). Il laisse derrière lui plusieurs talents qui vont continuer à faire rouler Paris Match. Mais, en tant que directeur, je me dis qu’il aura été le dernier d’une longue lignée de patrons de Match…