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Inscription à la Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse publiée au JO du 14 novembre 1997

ESTELLE MOUZIN : CE QUE MONIQUE OLIVIER PEUT VRAIMENT APPORTER À L’ENQUÊTE….UNE NOUVELLE DONNE POUR LES ENQUÊTEURS…

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Entendue ce jeudi 21 novembre par la juge Sabine Khéris, l'ex-épouse de Fourniret avait envie de parler. Mais de quoi ?

La complice du tueur est donc bien revenue sur l'alibi de celui-ci (comme nous l'expliquions dans la première version de cet article), qu'elle avait longtemps conforté. Michel Fourniret a toujours soutenu que, le soir de la disparition d'Estelle Mouzin il était chez lui à Floing, en Belgique. Il en donnait pour preuve que ce soir-là, il avait téléphoné en région parisienne à son premier fils, Jean Christophe, pour lui souhaiter son anniversaire.

Une communication de 42 secondes, dont on sait maintenant qu'elle a été lancée dans le vide. Jean Christope V. (il a changé de patronyme et cette initiale n’est pas la sienne) a toujours soutenu aux reporters de CREDO qu’il n’avait jamais reçu d’appel ! Monique Olivier a toujours adhéré à cet alibi de Fourniret. Mais ce 21 novembre, elle a expliqué qu’en fait c’est elle qui avait lancé l’appel à la place de Fourniret absent. Voici donc la preuve, sauf à imaginer que Monique Olivier ment, ce qui paraitrait incroyable, que le tueur a menti sur ce point. Et l’ex-épouse de ce dernier a ajouté des détails. Selon elle, son compagnon, après le petit déjeuner ce 9 janvier 2003, lui a demandé d'appeler son fils aîné le soir de laisser sonner deux fois puis de raccrocher. Mais Monique Olivier a hésité. Dans un premier temps, elle voulait le faire le matin. Puis elle a fini par obéir, et a lancé l'appel à 20h08, sans attendre de réponse. Et elle a bien insisté sur le fait que ce jour-là, Fourniret était donc parti de chez lui tôt le matin, et une bonne partie de la journée. Mais la justice et la police voudraient bien aussi qu’elle puisse expliquer où était le tueur, et à quelle heure exacte il est rentré ce soir-là. Faute d'établir cet emploi du temps de Fourniret, les enquêteurs manqueront d’éléments. C’est pourquoi, une autre information les intéresse autant, voire plus.

Un autre véhicule pour enlever Estelle ?

On sait que rien ne pouvant raccrocher le prédateur des Ardennes à la disparition d’Estelle Mouzin n’a jamais été découvert dans l’analyse de son fourgon. Pas d’ADN, pas de traces papillaires, pas de cheveux, de morceaux de tissu, RIEN ! C’est pourtant ce Citroën C15 qui lui a servi a pratiquement tous ces crimes. Les policiers et les gendarmes, maintenant chargés du dossier Mouzin, se demandent donc s’il n’utilisait pas – parfois – une autre voiture. Et ça, seule Monique Olivier peut l’indiquer. Mais encore faudrait-il que ce véhicule soit retrouvé. Quoiqu'il en soit, la question n'a pas été posée à Monique Olivier par la juge. Faute de pouvoir apporter cette pierre aux investigations, c’est-à-dire faute d’éléments matériels, il restera à mettre Fourniret face à son absence de son domicile, et à son mensonge sur son alibi téléphonique. Mais, quand on connaît le personnage, par où il a fait passer magistrats, policiers Belges et Français, et familles de victimes, on sait qu’il peut encore aller très loin dans le déni et la perversité. D’ailleurs, il avait déjà ajouté un détail pour conforter sa présence en Belgique, le soir de la disparition d’Estelle. En plus du coup de téléphone à son fils, il avait déclaré à la PJ de Dinant que le même soir, il était allé vendre un bureau chez un brocanteur du coin…

Isabelle Laville - Estelle Mouzin...Fourniret a-t-il confondu les deux victimes ?

La seule chose alors qui resterait à la juge Khéris, même si elle s'apprête à mettre Fourniret en examen, dans le cadre de la disparition d'Estelle Mouzin, pour que la vérité soit totale autour de la disparition de cette adolescente , ce sont les aveux circonstanciés de Fourniret dans le dossier Mouzin. C'est vrai, il a déjà semé quelques petits cailloux en disant à la magistrate que, dans cette affaire elle devrait creuser. D'ailleurs que voulait-il dire par là ? Qu'il a enterré le corps d'Estelle ? Qui l'a jetée dans un puit, comme celui d'Isabelle Laville ? En août 2006, au bord du trou dans lequel on allait découvrir les restes d'Isabelle Laville, le tueur selon un proche du dossier qui a toujours voulu garder l’anonymat, après nous avoir rapporté ces faits, Fourniret va faire cette improbable déclaration : « Au fond du trou, vous trouverez un pull-over rouge ». Mais Isabelle Laville n’a jamais eu de pull-over rouge ! Estelle Mouzin oui ! Elle en était même vêtue, le soir de sa disparition, le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). Fourniret a-t-il voulu une nouvelle fois provoquer, ou s’est-il pris les pieds dans l’interminable liste de ses victimes connues ou encore à découvrir ? Une fois encore, seule une confession de Fourniret dissiperait tous les doutes. Mais, s’il finit par avouer une bonne fois pour toutes, quand on a vécu comment Fourniret pouvait prendre son temps, jouer avec le temps et les gens, on sait que ces aveux ne sont peut-être pas pour tout de suite…

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