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Inscription à la Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse publiée au JO du 14 novembre 1997

Le succès du maintien de l’ordre de ce samedi à Paris n’y aura rien fait

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La Préfecture de Police de Paris dans la tourmente

L'affaire Benalla l'avait déjà considérablement affaibli, les ratages du maintien de l'ordre à Paris jusqu'aux terribles violences du samedi 1er décembre auront approfondi le fossé entre lui et le Président de La République. Le Préfet de Police Michel Delpuech et Alain Gibelin, son directeur du maintien de l'ordre et de la circulation sont toujours sur la sellette.

Une rumeur courrait même hier la Préfecture de Police PP), le ministère de l'Intérieur, jusqu'à l'Élysée, selon laquelle Michel Delpuech présenterait lundi sa démission à Christophe Castaner. Il dément. Quant à Alain Gibelin, la même source à la PP évoque pour lui un poste à Auch (Gers). Nous n'avons pas réussi à le joindre. "C'était écrit depuis l'affaire Benalla, tout le monde savait que le Président de la République n'avait pas digéré la façon dont Michel Delpuech avait géré ce dossier, en lâchant Benalla en rase campagne. Tout le monde savait qu'il chercherait à se venger, un jour ou l'autre", explique un policier parisien, ancien conseiller de plusieurs ministres de l'Intérieur. Il en allait de même pour Alain Gibelin. Mais un désaveu supplémentaire est intervenu au lendemain des violences parisiennes du 1er décembre. Dès le lendemain, Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, constatait que les options retenues en matière de maintien de l'ordre dans la capitale depuis le début des mouvements d'humeur des gilets jaunes n'étaient pas les bonnes. Il expliquait dans la foulée que les autorités en changeraient pour les prochains rendez-vous parisiens avec les manifestants. Et, dans les jours qui suivirent, il entreprenait une réflexion sur le sujet avec son Secrétaire d'État Laurent Nunez, un véritable technicien des opérations de police. Mais le ministre de l'Intérieur ne se privait pas non plus de consulter plusieurs anciens responsables de la Police nationale, plus particulièrement spécialistes de la gestion des mouvements de foules et des regroupements de masse dans la capitale.

 

Nouvelle doctrine de maintien de l'ordre

C'est à la suite de cette réflexion qu'une nouvelle méthodologie a été mise en place pour contrer les débordements d'hier. Une façon de faire qui n'était pas nouvelle. L'appui des CRS et des gendarmes mobiles à des forces de police chargées de pénétrer les rangs des manifestants pour appréhender les plus virulents, les meneurs mais aussi les casseurs et les délinquants, venus dans le seul souci d'en découdre et de piller, a déjà fait ses preuves depuis les années 80. Il fallait ajouter à cette remise en cause de la doctrine préfectorale, le constat de l'absence de consignes assez précises aux forces engagées sur le terrain, les 17 et 24 novembre, et encore plus le 1er décembre. À chaque fois, le Préfet de police de Paris Michel Delpuech, s'en tenait au mode d'emploi suivi par la PP ces quinze dernières années : éviter d'aller au contact des manifestants, éviter les charges de CRS et de gendarmes mobiles, au prétexte qu'elles pouvaient provoquer des victimes parmi les manifestants. Partant, c'est dans les rangs des forces de l'ordre que l'on aurait pu compter des blessés, voire des morts. Et Christophe Castaner le répétait à l'envi dès le 2 décembre, à la suite du saccage de l'Arc de Triomphe : "Je protégerais toujours mes hommes. Je préfère un bâtiment attaqué qu'un policier mort !". Dans le même temps, quelques journalistes recueillaient des confidences des conseillers de l'Élysée et du ministre de l'Intérieur qui leur permettaient d'annoncer qu'un remaniement de la Préfecture de Police allait vraisemblablement être mis dans les tuyaux durant les mois à venir. Cerise sur le gâteau des tenants de cette "réforme", la divulgation vendredi soir sur la toile d'une partie du dispositif policier parisien d'hier. Dénoncée par la Préfecture de Police auprès du Procureur de la République de Paris, cette fuite "ne peut provenir que des rangs policiers" concède un haut fonctionnaire de la Préfecture. Le sort de Michel Delpuech et d'Alain Gibelin est donc scellé. Mais s'il fallait une raison supplémentaire pour cela, cet épisode en était un...

Mis à jour ( Samedi, 08 Décembre 2018 22:37 )
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