Nepita pour CREDO

  • Full Screen
  • Wide Screen
  • Narrow Screen
  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Inscription à la Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse publiée au JO du 14 novembre 1997

Policiers et gendarmes après la Présidentielle

Envoyer Imprimer PDF

La tentation de la sédition...

Il y a ceux qui jusqu'au bout auront espéré que le scrutin soit favorable à leurs idées... Il y a ceux qui se seront dit que la prochaine fois serait la bonne... Et puis, il y a les mauvais, les très mauvais joueurs ! Ceux qui n'auront pas digéré la défaite. Sans doute ne sont-ils pas majoritaires mais ils risquent d'être plus nombreux que ce que l'on peut imaginer.

Dès lors, si on les considère minoritaire, la vraie question est : Combien faut-il de policiers et de gendarmes au sein de leurs formations, déçus par le résultat, pour que l'après élection dérape ? D'autant que leur rancœur n'a pas forcément vocation à se transformer en une violence égale à ceux de leurs concitoyens, aussi déçus qu'eux, qui exprimeront leur déception dans la rue. Il suffit à ces représentants de l'ordre de "mettre les crosses en l'air" plutôt que de tenter de canaliser les mouvements d'humeur de la foule. Une forme de sédition aussi dangereuse que celle qui les verrait se mêler aux extrémistes, de quelque bord qu'ils soient...
Interrogé par nos soins à ce sujet, Denis Jacob, secrétaire Général du tout jeune, modeste mais déjà très efficace syndicat de policiers Alternative Police, membre de la CFDT reconnaît le bien-fondé de nos craintes, tout en modulant : "Cette sédition sera plus liée au comportement irresponsable de certains syndicats qui veulent imposer un choix de vote qu'à une déception électorale". Il vise là la prise de position de son concurrent et adversaire Alliance Police Nationale qui a appelé à voter Macron pour faire barrage au FN. Et pour justifier ce choix, le responsable d'Alliance a confirmé à un hebdomadaire l'activisme dans les rangs policiers d'une extrême droite soupçonnée de "favoriser des mouvements parallèles au sein de la police contre les syndicats". Un point de vue pas plus rassurant que le précédent...
Le 3 juin 1983, Robert Badinter avait été la cible d'une manifestation de policiers place Vendôme. Débordés mais aussi parfois complices, les effectifs d'une Compagnie d'intervention de la Préfecture de Police avaient retiré leurs képis et n'avaient pu empêcher leurs collègues de lancer des "Badinter assassin", "Badinter démission" sous les fenêtres du ministère de la Justice. Quatre des meneurs du mouvement avaient été révoqués, le Préfet de police de Paris avait démissionné et le directeur général de la Police nationale avait été renvoyé. Les 6 et 7 décembre 2001 ce sont des gendarmes, en uniforme, qui avaient envahi les rues de province et les Invalides, à bord de leurs véhicules de service. Leurs familles suivaient dans des bus loués à cet effet. Dans les jours qui suivirent cette colère programmée, on apprenait que certains de ces autocars avaient été loués par des fédérations départementales du FN...

 

IDENTIFICATION ABONNÉ

Vous êtes ici : ACCUEIL