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Inscription à la Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse publiée au JO du 14 novembre 1997

Aux stup’s, les mauvaises habitudes ont la vie très très dure… (2)

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Après RTL, le Parisien et nous-même (info.agencedepresse-credo.fr le 16 mars 2016), c'est Libération qui, ce 23 mai 2016 au matin, y va de son dossier sur les méthodes de travail de l'Office des stupéfiants... Sauf qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil ! Précisions...
L'IGPN (la police des polices) continue son enquête autour de la saisie, en octobre 2015, dans le XVIe arrondissement de Paris, de 7 tonnes (!) de cannabis par les services des douanes. "Une incroyable histoire" pour certains observateurs. Encore plus incroyable si l'on en croit les confidences d'un "infiltré" à Libé qui raconte comment, au printemps 2012, il a gardé une villa espagnole où sont parvenues près de 19 tonnes de shit transbahuté, selon cet informateur, par les policiers eux-mêmes. Et bien, malheureusement cette histoire n'est ni extraordinaire, ni unique. Que peut-on reprocher aux policiers de l'OCRTIS, en commençant par leur patron ? Leur trop grande proximité avec un très important trafiquant de drogue qui aurait aussi été leur indic, y compris dans cette affaire de 7 tonnes de shit. Au fil des informations livrées à la sagacité de chacun depuis le début de l'affaire, on avait compris que cette énorme quantité de stup's faisait en fait partie d'une livraison "surveillée".

Franco et Carlos

Cette méthode est tolérée par la justice, à condition d'être très encadrée par des magistrats. Ainsi ne faut-il pas que la police soit à l'initiative de la fourniture de la drogue, même en la faisant transiter par un trafiquant qu'elle manipulerait. Contre toute attente, à l'OCRTIS, il fut une époque où cette (mauvaise) façon de faire était tombée dans le quotidien. Deux Sud-Américains, Franco et Carlos, étaient appointés par les policiers français pour "monter des coups". Ils avaient même leur bureau aux stup's où - officiellement - ils étaient appointés comme interprètes... La drogue provenait souvent de saisies antérieures. Les policiers allaient même parfois la chercher auprès de collègues d'Amérique du Sud. Je me souviens de l'arrivée à Paris de plusieurs dizaines de kilos de coke convoyés par un commissaire de l'OCRTIS qui, déclinant son identité auprès du commandant de bord, avait fait passer le contenu du colis comme étant classé secret défense afin de le garder avec lui en cabine.

Commissaire convoyeur

La came venait des services fédéraux anti stup's brésiliens. À Roissy, les voitures de l'OCRTIS attendaient sur le tarmac afin que le commissaire-convoyeur ne passe ni par la douane ni par la Police aux frontières (PAF). Le scandale des affaires menées par Franco et Carlos avait été dénoncé par un policier suisse et un enquêteur du parquet fédéral helvétique. Mais aucune enquête n'avait été réellement menée dans les rangs de la police française. L'un des patrons de l'OCRTIS devint même par la suite directeur central de la police judiciaire. En 2008, l'un des principaux artisans de cette "police connection", commissaire de police, avait été discrètement exfiltré de l'OCRTIS à la DCRI. Les terroristes et les espions n'avaient qu'à bien se tenir ! Aujourd'hui, c'est le chef de l'office qui, voici peu, a été transféré à la sous-direction antiterroriste de la PJ où il est devenu adjoint de l'adjoint du chef. En attendant que l'IGPN et la justice éclairent ses pratiques.

Du mou dans la corde à nœuds

Trafic d'État lance Libération ! Pour nos confrères il est quasiment impossible que personne n'ait été au courant de ces pratiques au-dessus du chef de l'OCRTIS. Et le quotidien de promettre très vite du mou dans la corde à nœuds de la DCPJ. La principale question que pose cette affaire est celle des relations du patron des stup's avec cet indic, interpellé depuis en Belgique et livré à la France, qui est devenu au fil du temps un des "barons" du trafic de shit en France. En résumé, si l'on ne fait pas de "bonne police, sans basse police", jusqu'où peut-on aller dans la basse pour atteindre la bonne ? Mais à la question : qui à la PJ était au courant, il y en a une autre loin de n'être que subsidiaire : l'OCRTIS invoquant des livraisons contrôlées, des magistrats savaient-ils ? Ont-ils donné leur accord ? Si oui, pour ce volet du dossier, les policiers pourraient dormir tranquille. Ou alors, un procureur et/ou un juge d'instruction ont-ils juste fermé les yeux ? D'habitude, dans ce genre de procédure bien pourrie, c'était souvent parole de flic contre parole de voyou. Cette fois-ci, ce pourrait être parole de flic contre parole de magistrat...

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