Cabinet de Manuel Valls : à droite toute !
Le Conseil des Ministres du 23 mai 2012 n'aura pas livré le nom du nouveau directeur général de la police nationale. La veille au soir, c'est le nom du Préfet Claude Balland qui revenait le plus souvent... Avec un profil comme celui-ci, le ministre de l'Intérieur éviterait en tout cas les critiques de droitisation du ministère qui fusent depuis plusieurs jours. Réflexion toute simple, d'un membre de la direction générale de la Police nationale, encarté à l'UMP, qui découvre au jour le jour les arrivants au cabinet de M. Valls : "Si j'avais su, je ne votais pas Sarkozy. Je ne suis pas dépaysé !". Cri du cœur, d'un flic socialiste cette fois-ci : "On prend les mêmes et on recommence !". Selon eux, la plupart des collaborateurs de Manuel Valls sont difficilement classables à gauche. "Favier est de droite, et même bien de droite", commente un reporter qui connaît bien ce général nommé comme conseiller "gendarmerie" du ministre. Et notre confrère d'ajouter : "En fait, c'est l'opposé de David Galtier qui était sur la même ligne de départ que Favier pour prendre la direction générale de la gendarmerie (DGGN). Galtier a voté Hollande et ne s'en cache pas". Aura-t-il la DGGN ? Celle-ci risque plutôt de revenir à un magistrat ou à un Préfet.. Avec Denis Favier, l'homme de l'assaut du GIGN contre l'Airbus d'Air France détourné sur Marseille par des islamistes, en voilà au moins un qui peut toujours se réfugier derrière le refrain des hauts fonction-naires de la police, quand ils virent de bord : "Je suis d'abord un technicien !". Car pour le général Favier, au moins, c'est vrai ! En même temps que lui est arrivé un conseiller "sécurité", Jérôme Foucaud, venu de la Préfecture de Police de Paris (PP). "C'est un bon copain, sourit un syndicaliste policier "classé à gauche", mais il n'est pas de notre bord non plus...". Jean Daubigny, le directeur de cabinet de Manuel Valls n'échappe pas aux interrogations des policiers proches du nouveau pouvoir, tout comme son adjoint, Renaud Vedel, lui aussi issu de la PP. "Michel Gaudin, le Préfet de police (qui devrait quitter son poste plus rapidement que prévu pour rejoindre le Conseil d'Etat) aurait voulu placer des pions de droite place Beauvau, il n'aurait pas fait mieux qu'envoyer Revel et Foucaud" commente un proche du Préfet. Restent Yves Colmou, ancien des cabinets Rocard et Vaillant, et Jacques Méric qui a été aussi conseillé technique de ce dernier, de 2000 à 2002. Et, comme nous l'avons signalé voici longtemps (sans citer son nom), si Emile Perez devenait directeur de la police, ce serait un fidèle serviteur de Nicolas Sarkozy, quand il a été deux fois ministre de l'Intérieur, qui prendrait la maison en main...









Après «Dossier P...comme police», publié en 1983, qui fit à l'époque pas mal de bruit dans le landerneau policier, voici : «Police : l'envers du décor» (Editions Jean Claude Gawsewitch depuis le 6 mai). Et après les évènements de Bobigny, des passages entiers de cet ouvrage tombent en pleine lumière de l'actualité. Dans ce bouquin de plus de 400 pages, qui passe au tamis le fonctionnement de la police (et de la gendarmerie) au long de ces 25 dernières années, l'auteur ne fait de cadeau à aucun des responsables politiques qui, tout au long de ce dernier quart de siècle, ont été en charge des affaires de police et de sécurité en France. Pas plus qu'il n'épargne quelques unes des «vedettes» de la police, montées au pinacle par leurs protecteurs politiques, sans que l'on trouve chez ces policiers là, plus de qualités professionnelles que chez des flics bien moins connus qu'eux... et souvent plus exposés. «Je ne suis ni un policier rentré, ni un amoureux fou de la police et de l'ordre à tout prix» confiait récemment l'auteur de «Police : l'envers du décor» à Corse Matin-Nice Matin, en ajoutant : «Je suis seulement un journaliste qui suit depuis plus de 40 ans les affaires de police, de justice, de sécurité et les faits divers, et je crois en être un observateur pointu...».